Comment fonctionnent les algorithmes des sites de rencontre ?

DATE #1 : Rencontre avec l'Intelligence Artificielle qui se cache (mais pas trop) derrière les sites de rencontre

💌 Un article en deux rendez-vous ! La suite la semaine prochaine !

L’Intelligence Artificielle n’est plus un mythe depuis longtemps. Les technologies d’apprentissage, machine et deep learning, sont de mieux en mieux maîtrisées et les algorithmes sont partout ! Ils nous recommandent nos sorties et s’immiscent dans notre vie quotidienne… y compris dans nos relations amoureuses.

Comment fonctionne un algorithme ?

Les algorithmes sont des modèles de calcul : ils fonctionnent grâce à des données d’entrée, input, et des données de sortie, output. L’input est intégré et traité grâce aux différentes instructions de l’algorithme. Est ainsi généré un résultat, une information utilisable par l’utilisateur. Les moteurs de recherche en sont un exemple. En traitant les mots-clés de la recherche, ils proposent à l’utilisateur des résultats correspondants pertinents.

Mais comment fonctionnent les algorithmes des sites de rencontre ?

Un peu d’histoire d’amour pour commencer : la naissance des sites de rencontre

Elle débute en 2011… Notre protagoniste Gary KREMEN est ce que l’on peut appeler un client régulier des hotlines de l’époque, celle où le téléphone est encore roi. Des hotlines qui lui coûtent alors la bagatelle de 2,99$ la minute. Il confie ainsi au Financial Times comment lui est venue l’idée d’une plateforme de rencontres en ligne : « En voyant mes factures aussi salées, j’ai pensé que les gens paieraient peut-être la même chose en ligne ».

Gary KREMEN dévoile donc Match.com en avril 1995. Il rencontre dès le lancement un challenge de taille : peu de connexions régulières et une communauté qui ne gonfle pas. Gary a alors une idée théoriquement bonne : inscrire sur la plateforme toutes ses connaissances, y compris sa petite amie… qui va rencontrer un homme sur Match.com et le quitter 💔. Qu’à cela ne tienne, c’est comme un test grandeur réelle : la plateforme fonctionne !

A partir de là, Match.com décolle. Accessible dans plus de 40 pays avec plus de 80 millions d’inscrits depuis sa création, la plateforme n’a pourtant jamais détrôné en France notre Meetic national. Et depuis, les applications se sont multipliées : Tinder, Happn, Badoo, Elite… Chacune propose ainsi des concepts de recherche différents pour séduire une clientèle de plus en plus exigeante et en manque de temps.

💬 Des chat rooms aux algorithmes 💭

Il ne faut pas faire un lien évident entre la création de Match.com et l’utilisation du web dans le processus de rencontre. Les célibataires n’ont en effet pas attendu la plateforme pour utiliser Internet. Et le cyberlove via les chat rooms existe déjà. Petite pensée nostalgique pour le film Vous avez un message où Tom HANKS aka NY152 et Meg RYAN aka Shopgirl se rencontrent grâce au chat room d’AOL (qui ?).

Au lancement de Match.com en 1995, les chat rooms existent donc déjà. Mais la plateforme va aller plus loin en innovant avec la formule payante, et surtout le fameux algorithme, qui promet à ses utilisateurs la rencontre avec la personne idéale. Un rêve désormais à portée de clic ? En France, le rêve attendra 2001 et le lancement de Meetic sur la base affolante de 14 millions de célibataires français, soit 14 millions d’utilisateurs potentiels 🤨.

Si le développement de ces plateformes est au rendez-vous c’est bien que le besoin existe. Mais aussi parce que, quelque part, cela fonctionne : les applications sont ainsi nombreuses à revendiquer le nombre de mariages ou de naissances qui ont eu lieu grâce à elles. Ce succès est en grande partie dû à notre curiosité, certes, mais on ne peut négliger la puissance de l’algorithme qui se cache derrière tes suggestions du jour.

L’utilisation de l’algo a aussi des conséquences sur notre comportement social… A l’heure du supermarché du date, on est entré dans l’ère du « jusqu’au prochain ». Le produit ne me plaît plus, allez hop next ! C’est la culture du swipe.

Comment l’IA a pris une telle place sur les applications de rencontre ? Quel est le secret des algorithmes « AIMM » pour Artificially Intelligent MatchMaking ? Sont-ils si transparents ?

Revenons au commencement des sites avec un algorithme de corrélation simple

Au début des applications, les algos se contentaient de rechercher des critères similaires pour faire matcher les profils : âge, sexe, ville, orientation sexuelle et intérêts. C’est certes un premier tri, mais il est insuffisant au regard du nombre de profils à scroller.

Aujourd’hui le machine learning fait une partie du boulot pour toi.

A partir de tes swipes, l’algorithme est théoriquement en mesure de définir les profils physiques qui te plaisent le plus. Alors, gauche ou droite ? 

L'IA et les algorithmes se cachent derrière vos swipes

Plus troublant encore, il peut aussi repérer des éléments communs sur les photos que tu as likées : un surf, un piano ou un objet particulier. Cette fonctionnalité est souvent proposée en option payante pour attirer de nouveaux utilisateurs (on verra dans la partie II de cet article que l’option gratuite l’a aussi mais ne le dit pas !). Tinder utilise ainsi Amazon Rekognition à destination de ses utilisateurs premium.

Et petit rappel concernant le fonctionnement du machine learning. Tout algorithme a besoin de données pour s’entraîner et devenir performant. 💡 Tu l’as compris : plus tu passes du temps sur une application et plus tu augmentes tes chances de likes et de matchs.

Certaines applications, Dating.ai, proposent même de rechercher des profils ressemblant à des célébrités, et d’autres vont encore plus loin en prédisant un potentiel match en fonction de l’ADN 🧬. Flippant ? Un peu, oui.

Au-delà du match making… à quoi peut aussi servir l’IA sur les sites de rencontre ?

L’intelligence artificielle, comme sur d’autres applications, peut tout simplement servir à améliorer l’expérience utilisateur.

L'IA filtre les faux profils et le contenu inapproprié

Un chiffre qui fait froid dans le dos : 72% des utilisateurs d’applications de rencontres ont déjà bloqué un profil en raison d’un comportement déviant ou de propos offensants. De plus en plus d’applications utilisent ainsi l’IA pour prévenir ce genre de situations en analysant les remontées des utilisateurs sur les profils signalés.

En s'entrainant, les algorithmes améliorent la personnalisation des recommandations

Sean RAD, CEO de Tinder, a défini l’utilisation de l’intelligence artificielle comme celle d’un « filtre intelligent qui connaît ce qui intéresse les utilisateurs et leur propose du contenu en fonction ». Et le contenu, c’est toi ! D’autres applications te suggèrent ainsi via leur chatbot le meilleur endroit pour ton date en fonction de ta localisation. Elles analysent aussi le comportement des utilisateurs pour te proposer le meilleur moment pour démarrer une conversation.

Aux Etats-Unis, plus de 40% des couples hétérosexuels se sont ainsi rencontrés en ligne. Le chiffre monte même à plus de 60% au sein de la communauté gay dans un pays où le puritanisme a encore de beaux jours devant lui.

L’Intelligence Artificielle, la nouvelle frontière des sites de rencontre ?

Les applications de rencontre fleurissent et se positionnent de plus en plus sur des créneaux spécifiques. En France, sans détrôner le fleuron national Meetic, des sites comme DisonsDemain pour les célibataires de plus de 50 ans ou encore Elite pour les plus délicats ont su se faire une place dans un monde digital où l’on est de plus en plus exigeant (et heureusement).

Des évolutions sociales viennent aussi soutenir la croissance de ces applications :

  • On ne peut pas le nier. Le Covid n’est pas étranger au succès croissant de ces applications ces deux dernières années. Le nombre de connexions a explosé à la suite des confinements successifs. Finalement, la rencontre digitale est devenue un standard alors qu’on aurait pu s’attendre à un phénomène inverse lorsque l’on a repris une vie sociale « à peu près » normale.
  • Nous consacrons moins de temps à  l’interaction sociale. Les applications sont une solution de facilité à investissement moindre.
  • Et étonnamment, une étude américaine reporte que les mariages issus des sites de rencontres seraient plus solides et plus satisfaisants. A bon entendeur, salut ?

Et maintenant que tu sais comment fonctionne grosso modo les algorithmes AIMM… tu te demandes peut-être si tu ne pourrais pas en tirer avantage ? La réponse est « oui » et se trouve dans le Date #2. Pour toi lecteur, la suite de cet article pour une expérience haute en corrélations ce sera la semaine prochaine.

Pour aller plus loin en attendant, un bon résumé de ce qui t’attend à ta prochaine connexion.

Virginie

Comment faire un CV percutant : 9 Bonnes Pratiques pour mettre ton profil en haut de la pile !

En tant que RH on a fait un constat paradoxal. Aujourd’hui, il est difficile pour les recruteurs de trouver des candidats qui correspondent vraiment à leurs besoins, alors qu’il existe encore de nombreux talents sur le marché à la recherche d’un emploi.

Si tu es dans ce cas, la question à te poser est la suivante : ton CV est-il assez attractif et représentatif de tes compétences ? Parvenons-nous à retrouver les informations importantes de ton CV ?

Alors comment mettre ton profil au sommet de la pile ? On va aborder quelques Tips concrets, l’idée générale est de revenir au bon sens quand tu présentes ton parcours ! Allez c’est parti !

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Le monde merveilleux des flottants ou la représentation des nombres réels en machine

Qu’on parle de nombres entiers, ou de nombres décimaux (“nombres à virgule”), il en existe une infinité. Mais ça, je pense que vous le savez déjà.

Lorsqu’on veut travailler avec des nombres en informatique, il faut pouvoir les représenter en mémoire. On a besoin de les stocker dans des “cases”. Mais aussi sophistiqué soit votre ordinateur, sa mémoire est finie. On ne sait pas vraiment si l’univers est fini ou infini, mais qu’importe la réponse, les ordinateurs à mémoire infinie, ce n’est pas encore pour demain, ni même après-demain ! 😉

Cela nous amène à considérer le postulat suivant (et cela va nous donner le ton pour la suite) : il n’est pas possible de représenter tous les nombres (entiers ou décimaux) qui existent de façon exacte dans un ordinateur.

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